Instagram ou le triomphe de la médiocrité en photo

13 04 2012

Jean-François Vibert, photojournaliste et blogueur de talent (macandPHOTO) y va d’un solide coup de gueule comme il en a le secret. Un coup de gueule à la sauce un peu beaucoup polémiste. Dans le collimateur de Vibert, Instagram, acquis pour la modique somme de 1 000 000 000 $ par l’omnipotent Facebook. Un réseau social de 40 millions d’utilisateurs axé sur la photographie et qui ne dégage pas vraiment de revenus.

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Cette photo n’a subi aucun post-traitement autre qu’un redimensionnement dans Pixelmator, pire, elle n’est même pas optimisée pour le web. Que lui aurait apporté un filtre automatique lui ajoutant une bordure, des fausses éraflures, des couleurs fadasses pour lui donner un look vintage ou plus grunge? Photo : François Drouin, infodimanche.com

Pour le bobo (dont François fait partie) avec son iPhone ou le geek avec son Android, Instagram c’est cool et tendance. Mais vos photos, vos souvenirs se retrouvent ainsi encapsulés dans un filtre à la noix. Virtuellement inutilisable autrement qu’en les visionnant sur votre mobile. Comme l’a fait remarquer Jean-François Vibert, vos enfants apprécieront sans doute moins ces souvenirs moulinés à la sauce passée date. Papa, as-tu de vraies photos de nous?

Instagram réinvente le polaroïd, mais pour les mauvaises raisons. Une photo d’iPhone 4s est parfaitement exploitable, y compris en photoreportage, mais une fois instagramisée, votre photo relève de l’imagerie facile. C’est de la customisation de l’image. Mais de grâce, n’appelez pas ça de l’art ou même de la photographie. C’est de l’iphonographie dans son plus triste effet. Une belle bonne photo n’a pas besoin d’artifice pour s’exprimer.

Une photo moche, filtrée, instagramisée, reste une photo moche… mais avec de l’artifice.

Je peux comprendre qu’Instagram est amusant, mais de grâce, voyez ça comme un jeu. Non une finalité. Apprenez à cadrer, à composer vos images, vous n’aurez plus besoin d’artifices pour que vos photos soient appréciées.

Et qu’on ne reproche pas aux photojournalistes de bouder Instagram !

Toutefois, il n’y a pas que du négatif. Est-ce que l’iphonographie peut aussi être un premier pas vers la photo, je ne sais pas. Quand on prend l’habitude manger McDo, on ne se dirige pas chez El Bulli pour casser la croûte. Mais encore, rien n’est impossible. De nombreux photographe ont débuté avec des Instamatic et des Polarïd SunPak. Je n’ai contre l’idée de partage d’Instagram, au contraire, c’est là le gros point positif. Ce que je lui reproche comme à Pudding Camera et autres Instamatic, c’est de ne pas conserver la photo originale et de ne produire qu’une image varlopée à la sauce du jour. Tant pis pour la pérennité.

Je retiens aussi la conclusion de Jean-François Vibert qui marque le point sur peut-être la raison principale de cette acquisition. Pourquoi racheter Instagram à ce prix? Peut-être pour mettre la main sur vos données personnelles mais surtout, parce que c’est un joli coup de pub avant de faire le saut en bourse. Chapeau.

Et pour ceux que ça intéressent, Instagram et photographie HDR, même combat. Non à la surabondance de l’artifice, non à la mocheté.

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